Statut de l’élu local : adoption définitive

Le Par­lement a défini­tive­ment adop­té la propo­si­tion de loi visant à encour­ager l’engagement des élus locaux. D’o­rig­ine séna­to­ri­ale, le texte a été voté con­forme par les députés aprés une sec­onde lec­ture au Sénat. Tous les groupes ont voté pour, à l’exception de La France insoumise (LFI), qui s’est abstenue. La nou­velle loi pro­pose plusieurs mesures pour favoris­er l’en­gage­ment des élus comme la reval­ori­sa­tion des indem­nités de fonc­tion, le ren­force­ment de la for­ma­tion ou bien encore l’ex­ten­sion de cer­tains droits (con­gé élec­tif pour les salariés can­di­dat porté de 10 à 20 jours).

  • Créa­tion d’un statut de l’élu local, pour sécuris­er et val­oris­er l’engagement local à toutes les étapes du man­dat. Le Sénat a clar­i­fié la charte de l’élu local, notam­ment sur la laïc­ité, et ren­for­cé les droits soci­aux (retraite, pro­tec­tion sociale, con­gés mater­nité),
  • Reval­ori­sa­tion des indem­nités, pour recon­naître la charge crois­sante du man­dat d’élu et cor­riger les dis­par­ités entre les dif­férentes strates de col­lec­tiv­ités. Le texte prévoit la fix­a­tion par défaut des indem­nités au niveau max­i­mal légal pour l’ensemble des exé­cu­tifs locaux : maires, adjoints, vice-prési­dents. Cette règle per­met ain­si d’éviter les délibéra­tions sur les indem­nités grâce à l’automaticité du pla­fond.
  • Exten­sion de la pro­tec­tion fonc­tion­nelle à l’ensemble des élus, y com­pris les con­seillers munic­i­paux, en cas de men­aces, d’injures ou de vio­lences. L’objectif est de pro­téger juridique­ment les élus de prox­im­ité, sou­vent exposés à des vio­lences ver­bales, physiques ou numériques. Le dis­posi­tif com­prend la prise en charge des frais d’avocat, la répa­ra­tion des préju­dices matériel et moral, ain­si qu’un accom­pa­g­ne­ment admin­is­tratif.
  • Reval­ori­sa­tion pour la fin de man­dat et la retraite, afin d’apporter des répons­es con­crètes aux con­traintes économiques, sociales et pro­fes­sion­nelles entrainées par le man­dat local. Le texte prévoit une majo­ra­tion de la durée d’assurance retraite des élus locaux : un trimestre par man­dat com­plet, dans la lim­ite de trois trimestres. Il s’agit d’un dis­posi­tif de recon­nais­sance pour les élus qui inter­rompent ou réduisent leur activ­ité pro­fes­sion­nelle, sou­vent sans com­pen­sa­tion. Le texte prévoit égale­ment un accom­pa­g­ne­ment ren­for­cé à la recon­ver­sion pro­fes­sion­nelle (VAE, France Tra­vail, for­ma­tion) et une reval­ori­sa­tion de l’allocation dif­féren­tielle de fin de man­dat.
  • Facil­i­ta­tion du cumul emploi-man­dat, pour éviter que les élus soient con­traints de choisir entre leur car­rière pro­fes­sion­nelle et leur engage­ment local. La propo­si­tion de loi pré­cise et étend les droits à sus­pen­sion et à con­gé élec­tif pour les salariés du secteur privé ou pub­lic exerçant un man­dat local. Un élu qui pour­suit une activ­ité pro­fes­sion­nelle peut béné­fici­er d’un amé­nage­ment de son temps de tra­vail, sur la base d’un accord col­lec­tif ou d’une autori­sa­tion de son employeur. Le texte crée un label « Employeur parte­naire de la démoc­ra­tie locale » afin de val­oris­er les entre­pris­es sou­tenant l’engagement de leurs salariés élus.
  • Clar­i­fi­ca­tion de la prise illé­gale d’intérêts et des con­flits d’intérêt, pour sécuris­er juridique­ment les élus dans l’exercice de leurs fonc­tions. Le texte vise à sécuris­er les élus face à une infrac­tion dont le champ est aujourd’hui trop large. Il pré­cise la notion « d’intérêt per­son­nel dis­tinct de l’intérêt pub­lic » afin de ne pas pénalis­er les élus de bonne foi. Désor­mais, aucun con­flit ne pour­ra être retenu entre deux intérêts publics. Pour les élus locaux représen­tant leur col­lec­tiv­ité au sein d’un organ­isme extérieur, le critère retenu sera désor­mais la per­cep­tion d’une rémunéra­tion ou d’un avan­tage par­ti­c­uli­er.

Saluée par l’Association des maires de France, cette réforme mar­que une étape impor­tante pour redonner attrac­tiv­ité, pro­tec­tion et recon­nais­sance à l’engagement au ser­vice des ter­ri­toires.

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