Alors que s’éteignent les derniers échos des vœux et les galettes qui vont avec — ces traditions qui nous aident à franchir le seuil d’une année encore mystérieuse —, nous aimerions pouvoir nous emparer de demain avec assurance en souhaitant s’arroger l’avenir avec parfois l’art de mettre les pieds dans le plat dont on ignore malheureusement la composition et la saveur de 2026.
Si l’on peut considérer que la France a enfin un budget, après deux essais et un 49.3 finalement très attendu, nous savons tous qu’il ne satisfait personne : si les collectivités sont relativement épargnées, l’horizon financier voit s’accumuler taxes, dépenses sociales et déficits — toujours plus, sans jamais prouver notre capacité à faire moins. Pourtant, nos maires démontrent chaque jour qu’équilibrer un budget, aussi difficile soit-il, reste un exercice gagnant : un cap à tenir, une relation de confiance à préserver avec les habitants.
Mais où est passée cette relation de confiance qu’un gouvernement se doit d’offrir à son peuple ? N’excellons-nous pas, au contraire, dans l’art de la petite politique politicienne, où la testostérone devient monnaie d’échange ? Peut-être faudrait-il que ceux qui brandissent la menace du « grand remplacement » commencent par donner l’exemple, sans que nous ne tombions dans la détestation du bonheur des autres. Car la question est bien là : en quoi consiste aujourd’hui la politique nationale ? À quel jeu dangereux jouent nos partis, de droite comme de gauche, extrêmes ou modérés ? Et surtout, qui parmi eux ose encore placer l’intérêt général au-dessus des calculs partisans ?
Face à un système à bout de souffle, il nous faut relever la tête, nous réinventer avec le courage de nos valeurs et la lucidité de dire non.
Dire non, c’est aussi s’opposer au « droit à mourir ». Le débat sur la fin de vie, qui a occupé notre semaine, m’a laissée dubitative. Les questions d’accès aux soins palliatifs et d’accompagnement en fin de vie touchent à l’intime comme aux fondements de notre humanité. Les choix des parlementaires engagent bien plus que notre époque.
Dès 2024, j’ai entamé une réflexion nourrie d’échanges avec des professionnels de santé, des patients et leurs proches, et visité le centre de soins palliatifs du CHU. Ces rencontres ont forgé ma position : j’ai soutenu le texte visant à améliorer l’accès aux soins palliatifs, mais me suis opposée à celui, même vidé de sa substance, qui gardait l’idée d’une légalisation de l’aide à mourir. Une deuxième lecture aura probablement lieu, mais je reste convaincue que nous ne pouvons accepter une telle évolution sans en mesurer toutes les conséquences. Les garanties proposées me semblent insuffisantes, les critères trop larges, risquant de banaliser l’accès à une aide médicale à mourir. Ma conviction, renforcée par ces échanges, est claire : la majorité des patients qui expriment le souhait de mourir veulent avant tout échapper à la souffrance. La priorité de notre société doit donc être d’assurer à tous un accès digne aux soins palliatifs.
Accompagner nos agriculteurs, c’est d’abord les défendre. La France ne saurait être plus européenne que l’Europe elle-même ! Il est temps d’en finir avec la valse des normes et des complexités inutiles, de rappeler que la souveraineté alimentaire ne s’arrête pas aux portes d’un ministère. Prenez les filières betteravières dans le Loiret : en trente ans, le nombre de producteurs de betteraves rouges a fondu, alors qu’ils se battent pour survivre, étouffés par des règles que leurs concurrents européens ignorent. Le Sénat a encore dit non au Mercosur, mais notre Président a‑t-il encore l’autorité pour faire plier Ursula von der Leyen ? Une chose est sûre : le respect, ça se gagne par la fermeté.
La fermeté reste l’éternelle question stratégique concernant l’Iran, les sénateurs ont apporté leur soutien au peuple iranien, engagé dans ce mouvement de protestation contre le régime des mollahs, et touché de plein fouet par une répression d’une brutalité sans précédent depuis des décennies. Les enjeux sont tels que Trump a décidé de renforcer la présence militaire américaine dans la région tout en posant un énième ultimatum à Téhéran afin qu’il renonce à son programme nucléaire. La situation reste extrêmement tendue et le risque d’embrasement militaire bien présent.
Parfois, ce sont les enfants qui posent problème… Comment ne pas évoquer ce grand moment de fraternité à la SNCF ? On se demande selon quelle logique ces dirigeants réfléchissent à l’avenir d’une telle entreprise. Si l’on peut comprendre la nécessité de préserver des espaces pour chacun, il suffisait de créer, en contrepartie, des lieux dédiés aux enfants.
Vous connaissez mon attachement au bon sens. Puisse cette dernière ligne droite avant les élections municipales permettre aux talents locaux de s’exprimer sans haine ni rancœur, mais avec l’envie sincère de servir nos territoires.
Et puisque nous clôturons le cycle de la Nativité, après Noël et l’Épiphanie, voici la Chandeleur, fête des chandelles, fête de la lumière. À défaut d’éclairages nationaux, souhaitons que les crêpes continuent de symboliser l’astre qui nous guide.
Pauline MARTIN
2 février 2026

