Polices municipales et gardes champêtres

Mar­di 10 févri­er, le Sénat a adop­té le pro­jet de loi relatif à l’extension des prérog­a­tives, des moyens, de l’organisation et du con­trôle des polices munic­i­pales et des gardes cham­pêtres. En com­mis­sion des Lois puis en séance publique, le Sénat a bâti un cadre clair, opéra­tionnel et juridique­ment solide, avec un objec­tif con­stant : don­ner aux maires des out­ils utiles, tout en préser­vant pleine­ment leur autorité.

Un principe réaf­fir­mé : l’autorité du maire et la prox­im­ité de l’action

Le Sénat a d’abord tenu à rap­pel­er un principe fon­da­men­tal : les polices munic­i­pales et les gardes cham­pêtres agis­sent sous l’autorité du maire. Leur mis­sion demeure cen­trée sur la tran­quil­lité publique et la sécu­rité du quo­ti­di­en, en com­plé­men­tar­ité avec la police et la gen­darmerie nationales.

Le ren­force­ment des com­pé­tences locales ne saurait ni trans­former les ser­vices munic­i­paux en forces d’appoint de l’État, ni remet­tre en cause la lib­erté du maire de définir le pro­jet de sécu­rité de sa com­mune.

Des com­pé­tences judi­ci­aires élar­gies, fac­ul­ta­tives et ren­for­cées

Le texte per­met, pour les com­munes qui le souhait­ent, de créer des ser­vices de police munic­i­pale à com­pé­tence judi­ci­aire élargie. Au fil de l’examen du texte, le Sénat a fixé un cadre solide, respectueux de la Con­sti­tu­tion puis l’a com­plété pour le ren­dre plus effi­cace dans la pra­tique, sans en boule­vers­er l’équilibre.

Con­crète­ment, les com­pé­tences sus­cep­ti­bles d’être exer­cées par ces ser­vices ont été pré­cisées et élar­gies pour répon­dre à des sit­u­a­tions sou­vent ren­con­trées par les maires :

  • con­stata­tion de nou­veaux dél­its du quo­ti­di­en, notam­ment en matière de con­som­ma­tion d’alcool, d’intrusion dans les étab­lisse­ments sco­laires ou d’atteintes à la tran­quil­lité publique ;
  • capac­ité des policiers munic­i­paux à recourir à l’amende for­faitaire délictuelle, pour sanc­tion­ner rapi­de­ment cer­tains dél­its (comme l’abandon de déchets, la vente à la sauvette ou la con­som­ma­tion de stupé­fi­ants) et ren­dre la réponse pénale plus vis­i­ble et plus effec­tive sur le ter­rain ;
  • pos­si­bil­ités accrues de con­trôles d’identité, de dépistages de l’alcool et des stupé­fi­ants, ain­si que d’interventions immé­di­ates en sit­u­a­tion de fla­grance ;
  • clar­i­fi­ca­tion des pro­fils d’encadrement habil­ités à exercer ces prérog­a­tives, sans abaiss­er les exi­gences de for­ma­tion, d’habilitation et de con­trôle.

Ces com­pé­tences demeurent fac­ul­ta­tives, stricte­ment encadrées et exer­cées en lien avec l’autorité judi­ci­aire. Chaque maire reste pleine­ment libre d’y recourir ou non, selon les besoins, la taille et l’organisation de sa com­mune.

Par ailleurs, le Sénat a con­fir­mé la pos­si­bil­ité pour les policiers munic­i­paux et les gardes cham­pêtres de relever l’identité de tout auteur de crime ou de délit fla­grant, met­tant fin à une inco­hérence anci­enne du droit.

Dans le même esprit de prag­ma­tisme, les séna­teurs ont instau­ré un per­mis de port d’arme nation­al pour les policiers munic­i­paux. Cette mesure évite aux maires des démarch­es admin­is­tra­tives répétées lors des muta­tions d’agents et garan­tit la con­ti­nu­ité opéra­tionnelle des ser­vices.

Des moyens opéra­tionnels ren­for­cés, au plus près des réal­ités locales

Le texte con­firme et com­plète la mod­erni­sa­tion des équipements des polices munic­i­pales et des gardes cham­pêtres : caméras-pié­tons, drones dans un cadre expéri­men­tal encadré, dis­posi­tifs de lec­ture automa­tisée de plaques d’immatriculation.

L’examen du pro­jet de loi a per­mis d’aller plus loin sur des enjeux très con­crets pour les com­munes :

  • sécuri­sa­tion des foires, marchés et grands événe­ments, avec des pou­voirs clar­i­fiés de con­trôle et de préven­tion ;
  • exten­sion de cer­tains out­ils aux gardes cham­pêtres, dans le respect de garanties iden­tiques ;
  • expéri­men­ta­tion de caméras embar­quées sur les véhicules afin de sécuris­er les inter­ven­tions.

Ces évo­lu­tions don­nent aux maires des moyens mieux adap­tés aux réal­ités du ter­rain, sans alour­dir inutile­ment les procé­dures.

For­mer mieux, mutu­alis­er plus facile­ment

Le Groupe LR a égale­ment ren­for­cé la cohérence et la sou­p­lesse du régime de for­ma­tion. Les pos­si­bil­ités de parte­nar­i­ats du CNFPT ont été élar­gies afin de mieux répon­dre aux besoins opéra­tionnels, et les règles de prise en charge finan­cière ont été clar­i­fiées pour sécuris­er les col­lec­tiv­ités.

Il a, en out­re, répon­du à une attente forte des maires en amélio­rant la prise en compte de l’expérience antérieure des agents issus de la police nationale, de la gen­darmerie ou des armées qui rejoignent la police munic­i­pale. Les règles de for­ma­tion ont été assou­plies afin de tenir compte de manière con­crète des com­pé­tences déjà acquis­es sur le ter­rain. Cette évo­lu­tion per­me­t­tra de faciliter les recrute­ments, d’accélérer la prise de poste des agents expéri­men­tés et de mieux val­oris­er les par­cours pro­fes­sion­nels, au béné­fice direct de la sécu­rité dans les com­munes.

En matière de mutu­al­i­sa­tion, les dis­posi­tifs ont été assou­plis afin d’éviter toute sécu­rité à deux vitesses entre les ter­ri­toires. L’objectif est clair : per­me­t­tre à toutes les com­munes, petites comme grandes, de béné­fici­er des avancées du texte, grâce à des coopéra­tions plus sou­ples et adap­tées aux réal­ités locales.

Plus de com­pé­tences, mais aus­si plus de garanties

Enfin, les séna­teurs LR ont veil­lé à ce que l’extension des com­pé­tences s’accompagne de garanties ren­for­cées : règles d’agrément clar­i­fiées, iden­ti­fi­ca­tion des agents, dis­posi­tifs de con­trôle externe.

Ces mécan­ismes ne remet­tent pas en cause l’autorité du maire. Ils ont voca­tion à sécuris­er juridique­ment l’action munic­i­pale et à accom­pa­g­n­er les élus dans un con­texte où les respon­s­abil­ités locales en matière de sécu­rité sont de plus en plus impor­tantes.

Le texte issu des travaux du Sénat repose sur un équili­bre assumé : des out­ils sup­plé­men­taires pour les maires qui le souhait­ent, une capac­ité d’adaptation à la diver­sité des ter­ri­toires et des garanties solides pour préserv­er l’autorité munic­i­pale et l’État de droit. Le Groupe LR con­tin­uera à porter une atten­tion par­ti­c­ulière à la mise en œuvre con­crète de ces dis­po­si­tions sur le ter­rain.

Le texte va désor­mais pour­suiv­re la navette par­lemen­taire. Nous espérons que le Gou­verne­ment et l’Assemblée nationale sauront préserv­er les avancées adop­tées par le Sénat, afin que les maires puis­sent rapi­de­ment béné­fici­er de ces out­ils sur le ter­rain.