Face à la multiplication des épisodes pluvieux intenses et des crues rapides, les Maires sont en première ligne. Au-delà de la gestion de crise, leurs responsabilités sont encadrées par plusieurs textes qui définissent des obligations précises en matière de prévention, d’information et de protection des populations.
Le Maire, responsable de la sécurité publique
Au titre de son pouvoir de police administrative générale, le Maire est responsable de la sûreté, de la sécurité et de la salubrité publiques sur le territoire communal. Ce principe est posé par le Code général des collectivités territoriales (CGCT).
En matière d’inondation, cela implique notamment :
- La prévention des risques connus ;
- La prise de mesures d’urgence en cas de danger grave ou imminent ;
- L’organisation des secours au niveau communal.
En cas de carence fautive, la responsabilité administrative (voire pénale) du Maire peut être engagée.
L’obligation d’information préventive des administrés
Le maire doit informer la population sur les risques majeurs présents sur la commune.
Cette obligation découle du Code de l’environnement, qui impose :
- L’élaboration et la diffusion du DICRIM (Document d’information communal sur les risques majeurs), lorsqu’une commune est exposée à au moins un risque majeur ;
- L’affichage des consignes de sécurité ;
- L’information régulière des habitants.
Lorsque la commune est couverte par un Plan de prévention des risques d’inondation (PPRI), le Maire doit veiller à son application dans les autorisations d’urbanisme.
Le Plan communal de sauvegarde (PCS)
Dans les communes soumises à un PPRI (Plan de Prévention des Risques d’Inondation) ou identifiées à risque majeur, le PCS est obligatoire.
Prévu par le Code de la sécurité intérieure, il organise :
- L’alerte et l’information des habitants ;
- La mise en sécurité et l’évacuation ;
- L’hébergement d’urgence ;
- La coordination avec les services préfectoraux.
Le PCS doit être :
- Formalisé par arrêté municipal ;
- Régulièrement mis à jour ;
- Testé (exercices recommandés).
L’alerte et la gestion de crise
En cas de crue :
- Le maire déclenche le PCS ;
- Il active la cellule de crise communale ;
- Il prend les arrêtés nécessaires (fermeture de routes, évacuation, interdictions d’accès).
Il travaille en lien étroit avec le préfet, directeur des opérations de secours lorsque le plan ORSEC est activé.
Urbanisme et prévention
Le maire doit intégrer le risque inondation dans :
- Les documents d’urbanisme (PLU/PLUi) ;
- La délivrance des permis de construire ;
- La préservation des zones d’expansion des crues.
Accorder une autorisation en zone à risque sans respecter le PPRI peut engager la responsabilité de la commune.
Signalisation et mémoire du risque
Le maire doit également :
- Veiller à l’installation des repères de crues historiques ;
- Entretenir les dispositifs de signalisation ;
- Sensibiliser la population, notamment dans les écoles.
Une responsabilité lourde mais encadrée
La jurisprudence reconnaît que le maire ne peut empêcher un phénomène naturel, mais elle vérifie :
- Qu’il avait connaissance du risque ;
- Qu’il a pris les mesures proportionnées ;
- Qu’il a correctement informé la population.
La clé réside donc dans l’anticipation, la traçabilité des décisions et la mise à jour régulière des outils communaux.

