Loi de décentralisation : le point de blocage sur les transferts de compétences

Le chantier annon­cé de la nou­velle loi de décen­tral­i­sa­tion voulue par le gou­verne­ment sus­cite depuis plusieurs semaines un vif débat entre l’État et les col­lec­tiv­ités ter­ri­to­ri­ales, en par­ti­c­uli­er sur la ques­tion des trans­ferts de com­pé­tences.

Présen­té comme un des axes majeurs de la réforme insti­tu­tion­nelle à venir, ce texte vise à clar­i­fi­er et mod­erniser la répar­ti­tion des com­pé­tences entre l’État, les régions, les départe­ments et les com­munes, après plusieurs décen­nies de lég­is­la­tions suc­ces­sives (lois de 1982–83, puis celles de mod­erni­sa­tion ter­ri­to­ri­ale comme la loi 3DS de 2022 …).

Un point de blocage autour du trans­fert effec­tif des com­pé­tences

Au cœur des dis­cus­sions : le trans­fert con­cret des com­pé­tences de l’État vers les col­lec­tiv­ités qui pose prob­lème. Si la volon­té de décen­tralis­er est affichée, les modal­ités restent floues et cer­taines col­lec­tiv­ités rejet­tent des pistes avancées par le gou­verne­ment, notam­ment sur :

  • L’absence de pré­ci­sion sur les trans­ferts financiers réelle­ment asso­ciés à chaque com­pé­tence trans­férée ;
  • La crainte que la lib­erté d’action locale ne soit pas suff­isam­ment garantie faute de moyens et de ressources cor­rélés, mal­gré les principes con­sti­tu­tion­nels de libre admin­is­tra­tion des col­lec­tiv­ités.

Les asso­ci­a­tions d’élus ont ain­si fait val­oir que la clar­i­fi­ca­tion des com­pé­tences ne doit pas se lim­iter à un amé­nage­ment organ­i­sa­tion­nel, mais doit inté­gr­er une vraie sécuri­sa­tion finan­cière, sous peine de se traduire par des charges nou­velles pour les bud­gets locaux.

Rôle de l’État et rôle des col­lec­tiv­ités : une con­cer­ta­tion en cours

Au-delà du sim­ple débat tech­nique, ce dossier illus­tre la ten­sion plus pro­fonde sur la déf­i­ni­tion du partage des respon­s­abil­ités qui soit à la fois lis­i­ble pour les citoyens, effi­cace dans la ges­tion des ser­vices publics locaux et respectueux du principe de sub­sidiar­ité inscrit dans la Con­sti­tu­tion française ?

Le gou­verne­ment a com­mencé à con­sul­ter large­ment les asso­ci­a­tions d’élus, qui ont rap­pelé la néces­sité d’éviter des trans­ferts qui seraient, en réal­ité, des trans­ferts de charges sans com­pen­sa­tions durables.

Un cal­en­dri­er poli­tique encore incer­tain

Offi­cielle­ment, le pro­jet de loi devait être exam­iné avant les élec­tions munic­i­pales, mais le texte final n’a pas encore été déposé au Par­lement. Selon les dernières annonces, il pour­rait être présen­té après les munic­i­pales, au print­emps, avec un objec­tif réaf­fir­mé de clar­i­fi­ca­tion des respon­s­abil­ités entre l’État et les col­lec­tiv­ités plutôt que de « big bang ter­ri­to­r­i­al ».