Mardi 7 avril, les sénateurs ont adopté à l’unanimité, en première lecture, la proposition de loi portant une gouvernance claire, juste et solidaire pour la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations (GEMAPI). Le texte vise à corriger certains déséquilibres structurels apparus depuis l’attribution de la compétence GEMAPI aux EPCI à fiscalité propre. Partant du constat que l’organisation actuelle fait peser des charges lourdes et inégalement réparties sur certains territoires, la PPL propose de renforcer la solidarité financière à l’échelle des bassins versants, de sécuriser le financement des ouvrages de protection et d’améliorer l’accès à l’assurance et de clarifier la gouvernance et le suivi budgétaire de la GEMAPI. Parmi les principales avancées, on retiendra :
- La pérennisation de la contribution fiscalisée des EPTB : les établissements publics territoriaux de bassin pourront désormais lever de façon durable une contribution pour financer l’ensemble des missions GEMAPI, et non plus seulement certaines actions ponctuelles. Cela renforce les capacités de financement à l’échelle des bassins versants.
- La création d’un fonds de solidarité de bassin : il permettra de redistribuer les ressources entre collectivités selon leur exposition aux risques et leurs capacités financières. Cette logique renforce la solidarité entre territoires situés en amont et en aval des bassins.
- L’introduction des PAPIC (plans d’action pluriannuels d’intérêt commun) : ces plans deviennent le cadre principal pour financer des projets communs et organiser les priorités locales de prévention des inondations. Ils rendent le dispositif plus souple et plus décentralisé.
- L’élargissement du dispositif aux syndicats mixtes et autres structures compétentes : cela permet d’associer davantage d’acteurs locaux à la gestion des risques et d’améliorer la coordination territoriale.
- La sécurisation du financement des digues transférées : le texte garantit un financement minimal de 80 % par le fonds Barnier pour les travaux de mise en conformité des digues transférées par l’État jusqu’en 2035. Cela donne davantage de visibilité financière aux collectivités.
- L’amélioration de l’accès à l’assurance : les gestionnaires GEMAPI bénéficieront d’un droit à la médiation de l’assurance après deux refus successifs, ce qui répond à un problème important d’assurabilité.
- Le renforcement de la transparence budgétaire : la taxe GEMAPI devra de nouveau être suivie dans un budget annexe spécifique, ce qui permettra une meilleure traçabilité des dépenses et une évaluation plus claire des politiques menées.

