Les épisodes caniculaires du mois de juin ont mis en lumière la montée du risque incendie dans les exploitations agricoles et les zones forestières du Loiret. Avec la répétition des vagues de chaleur, des territoires historiquement peu exposés aux grands feux deviennent désormais plus vulnérables. C’est le cas du Loiret, confronté à un risque croissant dans un contexte où ses capacités de prévention n’ont pas été historiquement pensées pour ce type d’événements.
Les obligations des communes
La circulaire interministérielle n° 465 du 10 décembre 1951, obligeant les communes à mettre à disposition une réserve de 120 m³ ou une borne avec un débit de 60 m³/h, a été abrogée en 2015. Cette abrogation n’a toutefois pas supprimé les obligations de Défense Extérieure Contre l’Incendie (DECI), mais a mis fin à une norme uniforme au profit d’exigences adaptées aux réalités territoriales.
Chaque département adopte un Règlement Départemental de Défense Extérieur Contre l’Incendie (RDDECI) élaboré par le Préfet avec le SDIS. Pour le Loiret, il est établi depuis 2017 et a été mis à jour en 2025. Ce dernier voit ses règles évoluées avec le temps en fonction des besoins du département (évolutions urbaines, météorologiques…).
Les communes doivent adapter les volumes d’eau aux risques, puisque les besoins ne sont pas identiques partout. Ils sont déterminés selon : le type de bâtiment, la densité, les risques de propagation et la surface. Chaque commune doit adopter un arrêté DECI qui recense les points d’eau incendie, fixe leur gestion et organise leur maintenance. Cet arrêté est obligatoire. Cet acte peut par ailleurs être délégué à un EPCI si une collaboration entre communes s’avère être plus efficace.
La DECI : une responsabilité centrale du maire
La responsabilité du maire (ou du Président d’EPCI en fonction des cas) est au cœur de la DECI. Celle-ci relève des pouvoirs de police spéciale du maire (CGCT, art. L.2213–32 et L.2225–1). Ce dernier doit mettre à disposition des sapeurs-pompiers des points d’eau incendie (PEI) suffisants, créer ou faire créer les réserves d’eau lorsqu’il n’existe pas de réseau d’eau adapté, mais aussi assurer leur entretien, leur contrôle et leur accessibilité.
Cette compétence implique l’identification des besoins en couverture incendie ainsi que la coordination avec le SDIS et, le cas échéant, l’EPCI.
Le RDDECI : un cadre technique structurant
Les PEI peuvent être constitués de poteaux incendie, bouches, citernes, réserves ou ressources naturelles adaptées. Dans le Loiret, le RDDECI fixe les exigences minimales d’un débit de 30 m³/h (élevable jusqu’à 120 m³/h en cas de risque élevé). Une couverture des PEI dispose généralement d’un rayon de 200 mètres (jusqu’à 400 mètres en zone rurale ou sous conditions).
Ces règles ont un impact direct sur l’aménagement du territoire. Tout projet d’urbanisation doit intégrer la capacité réelle de défense incendie prérequise.
Une gestion de l’eau nouvelle lors des périodes estivales caniculaires
La répétition des épisodes caniculaires transforme durablement la gestion de l’eau. Les infrastructures hydriques ne peuvent plus être manœuvrées selon une logique de réaction ponctuelle, mais doivent s’inscrire dans une planification de long terme.
Qui dit canicule, dit aussi sécheresse. Ces sécheresses ont pour conséquence d’amoindrir la disponibilité effective des ressources (baisse des nappes phréatiques, pression sur les réseaux…). Dans ces conditions, un PEI conforme en situation normale peut s’avérer insuffisant en période de stress hydrique. De plus, il faut y ajouter la nécessité d’une maintenance d’autant plus rigoureuse des équipements d’incendie, en plus d’une gestion plus minutieuse des systèmes hydriques.
Renforcer la résilience en diversifiant les réserves en eau
Les collectivités ont la possibilité de renforcer leurs capacités par des dispositifs de stockage variés : citernes, bassins ou réserves mutualisées. Ces solutions ont pour objectif de réduire la pression sur les réseaux d’eau existant, tout en permettant d’augmenter les capacités opérationnelles de lutte contre l’incendie.
Leur intégration dans la DECI suppose toutefois leur conformité aux exigences du SDIS (volume, accessibilité, compatibilité opérationnelle).
Une piste privilégiée est celle de la collecte et du stockage des eaux de pluies. A ce jour, il n’existe aucune obligation relative à la récupération de l’eau de pluie par les collectivités, mais cette récupération reste malgré tout sujette à des réglementations. Le Code de l’environnement est la source première de cette normativité, ce dernier organise la gestion des eaux pluviales dans le zonage pluvial des communes ou intercommunalités (article L.2224–10 du CGCT). En outre, d’autres textes viennent encadrer la récupération d’eau de pluie quant à son usage à l’intérieur et à l’extérieur de bâtiments (arrêté du 21 août 2008).

