À l’heure où j’écris ces lignes, la France « s’émeut » sous la chaleur : les trains s’arrêtent, les climatisations lâchent, nos aînés cherchent la fraîcheur, nos élèves et nous-mêmes peinons à nous concentrer, et les bornes incendie s’ouvrent comme par miracle, au grand dam des maires qui font de leur mieux. Pourtant, force est de constater que nous avons tiré les leçons des canicules passées : les organisations s’améliorent, l’attention portée aux plus fragiles s’affine, même si des failles subsisteront toujours.
Et pendant ce temps, on ne parle plus du reste !
Une nouvelle censure du Conseil constitutionnel, sur le projet de loi de simplification, vient conforter la mise en place des ZFE (Zones à Faibles Émissions mobilité), anéantir l’assouplissement du ZAN (Zéro Artificialisation Nette), et empêcher les collectivités territoriales de conclure des marchés de fourniture d’énergie renouvelable locale… Tout ça pour ça, alors que les deux assemblées avaient finalement validé un texte offrant un peu de flexibilité. Qui veut vraiment d’un allègement des contraintes, qu’elles pèsent sur le quotidien de chacun, sur celui de nos agriculteurs, de nos entreprises, de nos collectivités ou de l’État ? Chaque fois qu’une initiative pointe le bout de son nez, elle est laminée avant même d’avoir vu le jour. De quoi décourager les plus vaillants d’entre nous. Pourtant, ce combat doit perdurer, avec la ferme conviction que la raison finira par l’emporter face à cette France institutionnelle qui passe son temps à penser à notre place.
Et pendant ce temps, on parlemente à l’Assemblée nationale !
La loi d’urgence agricole, discutée depuis le 19 mai avec pas moins de 2 385 amendements, n’en finit plus d’être débattue. Arrivée bien tard et déjà bien allégée, elle doit pourtant affirmer notre soutien inconditionnel au monde agricole, et c’est particulièrement vrai ici, dans le Loiret.
Et pendant ce temps, Duralex ne se redresse pas !
Comment ne pas s’émouvoir devant la situation de cette entreprise, qui, depuis des mois, se bat pour garder la tête hors de l’eau, multipliant les initiatives et faisant appel à l’attachement affectif des Français à la marque « T’as quel âge, toi ? ». Comment oublier la motivation des salariés, prêts à tout pour sauver non seulement leur outil de travail, mais aussi ce symbole local ? Tout n’est pas perdu, mais la situation est précaire, les salariés inquiets et les besoins financiers immenses.
Et pendant ce temps, nous poursuivons le combat !
Attentifs aux difficultés, persuadés que nous ne devons rien lâcher, forts de notre bon sens et surtout de notre précieuse expérience de terrain, que vous enrichissez chaque jour en nous sollicitant, nous restons déterminés.
Pauline Martin — 2 juin 2026

