Un premier décret d’application de la loi du 22 décembre 2025 portant création d’un statut de l’élu local a été publié au Journal officiel le 19 mai dernier. Très attendu, ce texte vient préciser plusieurs mesures importantes destinées à mieux sécuriser et reconnaître l’engagement des élus locaux. Parmi les principales évolutions figurent les règles relatives aux indemnités des présidents d’intercommunalité, l’allocation de fin de mandat ainsi que le rôle du référent déontologue.
Des indemnités désormais fixées automatiquement pour les présidents d’intercommunalité
Jusqu’à présent, le montant des indemnités de fonction des présidents d’EPCI devait obligatoirement faire l’objet d’une délibération du conseil communautaire.
Le décret instaure désormais un dispositif plus simple et plus lisible : comme pour les maires, un montant de référence sera attribué automatiquement en fonction de la taille et de la catégorie de l’intercommunalité (communauté de communes, communauté d’agglomération, communauté urbaine ou métropole).
Cette évolution répond à une demande ancienne des élus locaux visant à harmoniser les pratiques et à sécuriser juridiquement les modalités d’indemnisation des exécutifs intercommunaux.
Le conseil communautaire conservera toutefois la possibilité, à la demande du président, de fixer une indemnité inférieure au montant prévu par les textes.
Concernant les vice-présidents, les règles actuelles demeurent inchangées : leur indemnité continuera à être fixée par délibération dans la limite des plafonds réglementaires.
Une meilleure protection des élus en fin de mandat
Le décret précise également les modalités d’application de l’allocation différentielle de fin de mandat, destinée à accompagner les élus qui se retrouvent sans emploi ou dont les revenus diminuent fortement à l’issue de leur mandat.
La loi sur le statut de l’élu local a significativement renforcé ce dispositif :
- La durée maximale de versement passe de un à deux ans ;
- L’allocation pourra représenter 100 % de l’indemnité la première année, puis 80 % à compter du treizième mois ;
- Tous les maires et adjoints au maire pourront désormais en bénéficier, quelle que soit la taille de leur commune.
Ces dispositions traduisent une volonté de mieux prendre en compte les conséquences professionnelles que peut entraîner l’exercice d’un mandat local, notamment dans les petites et moyennes collectivités.
À compter de janvier 2027, la gestion du fonds d’allocation des élus en fin de mandat sera par ailleurs transférée de la Caisse des Dépôts à France Travail.
Le référent déontologue confirmé dans son rôle
Le décret revient également sur la fonction de référent déontologue, que les élus locaux peuvent saisir afin d’obtenir des conseils sur le respect des principes déontologiques attachés à leur mandat.
Ce référent, désigné par l’organe délibérant de la collectivité ou de l’intercommunalité, pourra être mutualisé entre plusieurs collectivités.
Dans un contexte de vigilance croissante autour des conflits d’intérêts et de la transparence de la vie publique, ce dispositif constitue un outil d’accompagnement précieux pour les élus locaux.
Une première étape dans la mise en œuvre du statut de l’élu
Ce premier décret marque une étape importante dans l’application concrète du nouveau statut de l’élu local. D’autres textes réglementaires sont encore attendus dans les prochaines semaines afin de préciser l’ensemble des mesures prévues par la loi.
L’objectif affiché demeure clair : renforcer l’attractivité des mandats locaux, sécuriser l’engagement des élus et mieux reconnaître les responsabilités exercées au quotidien au service de nos territoires.

