Médecins : les chiffres du Gouvernement à l’épreuve du terrain

Dès début novem­bre, plus de 3 000 doc­teurs juniors débu­tent leur dernière année de for­ma­tion, dont 80 % dans des ter­ri­toires en dif­fi­culté d’accès aux soins. Ces internes en médecine générale exerceront en cab­i­net, en autonomie super­visée. Cette qua­trième année d’internat avait été pro­posée par le Sénat dès 2022. Dans le Loiret, 21 doc­teurs juniors pren­nent leurs fonc­tions. Pour en accueil­lir davan­tage, il fau­dra plus de médecins maîtres de stage.

Une réforme née au Sénat

En octo­bre 2022, le Sénat a adop­té une propo­si­tion de loi créant une qua­trième année d’internat de médecine générale. Cette année était con­sacrée à des stages en cab­i­net, en pri­or­ité dans les ter­ri­toires sous-dotés. Le gou­verne­ment en a ensuite repris l’architecture dans la loi de finance­ment de la sécu­rité sociale pour 2023.

Ce que change la qua­trième année

Le par­cours de for­ma­tion des général­istes passe à dix ans min­i­mum, con­tre neuf aupar­a­vant. Pen­dant cette dernière année, les doc­teurs juniors exer­cent comme des médecins, sous la respon­s­abil­ité d’un prati­cien maître de stage. L’objectif est dou­ble : pré­par­er con­crète­ment les jeunes médecins à l’installation, et leur faire décou­vrir des ter­ri­toires qu’ils n’auraient peut-être pas choi­sis spon­tané­ment.

Des inci­ta­tions finan­cières accom­pa­g­nent la réforme. Les doc­teurs juniors exerçant en zone d’intervention pri­or­i­taire perçoivent une prime de 1 000 € brut par mois. Une indem­nité d’hébergement de 300 € brut par mois s’y ajoute lorsque le stage se déroule en zone sous-dense à plus de 30 km de leur cen­tre de for­ma­tion. Le Loiret est directe­ment con­cerné : 88,5 % de sa pop­u­la­tion vit en zone d’intervention pri­or­i­taire.

Dans le Loiret, le nom­bre de maîtres de stage lim­ite l’accueil

Les 22 ter­rains de stage agréés dans le Loiret ont tous été ouverts, et 21 ont été choi­sis par les doc­teurs juniors. À Gien, un seul médecin dis­pose aujourd’hui de l’agrément néces­saire. Le nom­bre de doc­teurs juniors accueil­lis dépend donc directe­ment du nom­bre de médecins du ter­ri­toire qui acceptent de les encadr­er.

Le rôle des élus

Les élus peu­vent agir directe­ment pour accueil­lir davan­tage de doc­teurs juniors. Ils peu­vent d’abord encour­ager les général­istes de leur com­mune à deman­der l’agrément de maître de stage pour les prochaines vagues d’affectation. Cette mis­sion est bien enten­du rémunérée. Les élus peu­vent aus­si faciliter l’arrivée des jeunes médecins, notam­ment en les aidant à trou­ver un loge­ment.