Licence IV : le Sénat vote à l’unanimité, la navette se poursuit

Le Sénat a adop­té le 22 octo­bre, sans aucune voix con­tre, la propo­si­tion de loi sim­pli­fi­ant l’ouverture des débits de bois­sons en zone rurale. Le texte per­met aux com­munes de moins de 3 500 habi­tants qui ne comptent aucune licence IV, ou une seule, d’en créer une nou­velle, attachée à la com­mune. Inter­v­enue en séance, la séna­trice Pauline Mar­tin a défendu un texte qui fait con­fi­ance aux maires et aux por­teurs de pro­jet.

Un obsta­cle levé pour les com­munes rurales

Depuis des années, la créa­tion de nou­velles licences IV est inter­dite : seul leur trans­fert d’un étab­lisse­ment à un autre est pos­si­ble. Ces licences se négo­cient entre 12 000 et 50 000 euros, quand elles sont disponibles. Résul­tat : une com­mune ayant per­du son dernier café a très peu de chances d’en retrou­ver un. La déro­ga­tion expéri­men­tée à par­tir de 2019 n’a pas été recon­duite, et une précé­dente ten­ta­tive lég­isla­tive a été cen­surée par le Con­seil con­sti­tu­tion­nel comme cav­a­lier lég­is­latif.

Un dis­posi­tif recen­tré par le Sénat

Le texte adop­té per­met de créer une licence IV dans les com­munes de moins de 3 500 habi­tants comp­tant au plus une licence IV sur leur ter­ri­toire. L’ouverture relève d’un sim­ple régime déclaratif, comme pour les étab­lisse­ments de troisième caté­gorie. La licence reste attachée à la com­mune et ne peut pas être trans­férée ailleurs. Les maires con­ser­vent un droit de veto sur le trans­fert de la dernière licence IV de leur com­mune.

Des ajouts utiles aux ter­ri­toires

Le Sénat a égale­ment exemp­té de licence les dégus­ta­tions payantes organ­isées sur les lieux de pro­duc­tion de bois­sons alcooliques et par les struc­tures créées par les vitic­ul­teurs, comme les Maisons des Vins. Il a enfin prévu un recense­ment des licences IV par les pré­fec­tures, au moins tous les trois ans, faute de reg­istre nation­al à ce jour.

La suite : la com­mis­sion mixte par­i­taire

Le texte ayant été adop­té par l’Assemblée nationale en mars 2025 (174 voix con­tre 2), puis mod­i­fié par le Sénat, une com­mis­sion mixte par­i­taire devra désor­mais rechercher une ver­sion com­mune. Inter­v­enue en dis­cus­sion générale, Pauline Mar­tin a rap­pelé que les vil­lages avaient « assez atten­du » et appelé le Gou­verne­ment à ne pas laiss­er ce texte « décan­ter indéfin­i­ment ». Elle a souligné que ce n’est pas le bistrot du vil­lage qui fait le lit des addic­tions, mais l’isolement, et que le texte ne coûte rien aux finances publiques tout en faisant con­fi­ance aux maires et aux entre­pre­neurs.