Le 11 mai 2026, le Sénat a adopté les conclusions de la commission mixte paritaire sur le projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales. Le texte, qui propose une série de mesures, poursuit un triple objectif : mieux prévenir et détecter, mieux lutter et sanctionner, et mieux recouvrer.
En 2024, 20 milliards d’euros de fraudes publiques ont été détectées, dont 3 milliards dans le champ social. Les sénateurs ont largement enrichi le texte à l’occasion de son examen. Parmi les dispositions adoptées, on retiendra les différents apports suivants du Sénat :
- la possibilité pour l’administration de renouveler la période de suspension d’une aide publique en cas de suspicion de fraude ;
- l’exclusion des indus de revenus de solidarité active (RSA) obtenus de manière frauduleuse de toute remise, rééchelonnement ou effacement de dette ;
- la criminalisation de l’escroquerie aux finances publiques en bande organisée ;
- le renforcement des pouvoirs d’enquête et des suites données aux contrôles de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) ;
- la sécurisation des contrôles et des sanctions en matière de certificats d’économies d’énergie (C2E) ;
- le renforcement des échanges d’informations entre administrations ;
- la facilitation des contrôles à distance des fraudes aux compteurs communicants sous le contrôle de la CRE ;
- le renforcement des contrôles et des sanctions aux fraudes sociales, notamment en matière de travail, d’emploi et de formation professionnelle ;
- enfin l’entrée en vigueur de l’opt-in — obtenir le consentement du destinataire de la publicité -, dans le démarchage téléphonique, pour toutes les entreprises, au 11 août 2026.

